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Les jardins de Marrakech

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Historiques ou privés, au coeur de la ville ou à l’extérieur, les jardins de Marrakech ne datent pas d’hier. Véritable tradition depuis l’époque des Almohades, au XIIe siècle, ils comptent encore aujourd’hui parmi les plus beaux du monde magrébo-andalou.

Le plus impérial : La Ménara

Après la Koutoubia, le bassin de la Ménara qui a fait la légende du jardin de la Ménara, ancienne propriété des sultans de Marrakech. Moins vaste que l’Agdal d’une dizaine d’hectares, ce parc créé au 13e siècle est essentiellement planté d’oliviers mais également de palmiers et de cyprès. Entre les arbres, on aperçoit un petit pavillon saâdien de la fin du 19e siècle à la toiture verte, le menzeh, qui se reflète dans le bassin entouré d’un chenal alimenté par l’eau des neiges de l’Atlas. L’opulence de l’Agdal et de la Ménara tient à l’eau qui a transformé le désert en jardins. Pour exister, ces vergers royaux devaient disposer de ressources hydrauliques suffisantes.Première solution : l’exploitation des nappes phréatiques grâce à des galeries drainantes suffisantes. C’est ainsi queles premières khettaras furent créées au 11e siècle par les Almoravides. Deuxième technique : construire une séguialongue de 25 kilomètres pour capter l’eau des oueds du Haut Atlas. Elle fut mise en place par les Almohades, au 13e siècle. La plus grande prouesse des architectes ? Avoirconçu un immense réservoir suspendu qui irrigue les jardins, alimente les seguias et les khettaras. Dès qu’une vanne est ouverte, c’est une rivière, guidée par la déclivité du sol, qui vient irriguer une par une chacune des parcelles.

Ouvert tous les jours de 6h à 18h. Entrée gratuite.

 

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Le plus ancien : L’Agdal

Le plus saisissant ? Les proportions grandioses du verger qui s’étend sur 400 hectares. Né au 12e siècle, ce jardin arabo-andalou jouxte le palais royal. Son coeur, parsemé d’une dizaine de parcelles, est peuplé d’espèces d’arbres «utiles» : oliviers pour plus de la moitié, agrumiers, grenadiers, pommiers, figuiers, abricotiers, pêchers, amandiers… Celle de l’orangeraie est placée près du bassin afin de profiter la première d’une eau rare et convoitée. Les carrés communiquent entre eux, séparés par une clôture bordée de jasmins, d’églantiers ou de myrte. A l’abri des douze kilomètres de murailles protégeant ces enclos, on cultivait autrefois la vigne, les céréales et des légumineuses. Comme des miroirs tournés vers le ciel, deux très vastes pièces d’eau presque carrées – 200 mètres de côté – parent le centre du jardin. Ces bassins servaient à l’irrigation mais étaient également le théâtre d’activités royales, ludiques ou guerrières telles l’entraînement à la natation pour les soldats de l’armée almohade qui se préparaient à traverser la Méditerranée pour conquérir l’Andalousie.

Ouvert uniquement les vendredis et dimanches de 7h à 13h. Entrée gratuite.

 

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Le plus connecté : Arsat Moulay Abdeslam

Ici, les bornes interactives multimédia, équipées des toutes dernières technologies s’épanouissent tout aussi bien que les arbres centenaires du parc. Etendu sur huit hectares au coeur de la nouvelle ville – entre le boulevard Mohammed V et les remparts -, ce jardin a été imaginé par le prince Moulay Abdeslam avant d’être agrandi au temps du protectorat dans les années 20. Restauré sous l’impulsion de la Fondation Mohammed VI pour l’environnement, il se veut résolument tourné vers les nouvelles technologies comme en témoignent les bornes interactives qui se succèdent le long des allées. Des allées sur lesquelles veillent palmiers, orangers, citronniers, oliviers, imperturbables face à cette toute nouvelle agitation technologique.

A voir : le musée des télécoms, à l’entrée du parc. Ouvert tous les jours de 9h à 18h30.

 

Le plus historique : Le Palais Badi

De ce somptueux palais érigé à la fin du 16e siècle ne reste qu’une immense esplanade creusée de bassins, plantée d’orangers, et entourée de hautes murailles sur lesquelles nichent les cigognes. En son coeur, une vaste pièce d’eau bordée de deux parterres d’orangers disposés en quinconce. A l’est, le palais ouvre sur un grand jardin, arsat Al Jaj, du nom du pavillon qui le domine. L’imagination permet de restituer le raffinement et le faste des aménagements botaniques d’autrefois : végétation variée et luxuriante, volupté des senteurs, plantations fleuries… Le palais et ses jardins furent dévastés et dépouillés de tous leurs ornements à partir de 1677. Mais malgré les dommages subis, ces jardins restent un modèle incontesté du raffinement arabo-andalou.

Ouvert tous les jours de 8h à 17h – Entrée : 20 Dh

 

Le plus traditionnel : Le Palais Bahia

 mme-56-print-1-119Il aura fallu sept ans, et sa fortune entière, au grand vizir du Sultan, Ahmed Ibn Moussa, pour ériger ce palais – et donner naissance à ce bel écrin de verdure. Commencée en 1894, sa construction se fit sans plan préétabli. Composé d’un dédale de salles, d’une série de riads, de cours intérieures le palais Bahia offre aux visiteurs un bel aperçu de l’architecture arabe. Cette succession désordonnée de luxueux appartements d’influence andalouse parés de stucs, de bois peints, de moucharabieh, de marbre et de riches zelliges ouvrent sur des patios fleuris et arborés. Soit 8 hectares de quiétude entre grands arbres feuillus, palmiers dattiers, hibiscus, citronniers et orangers, irrigués par un système de khettaras. C’est ici, au temps du Protectorat, que le maréchal Lyautey prit ses quartiers. Quelques années plus tard, en 1964, Henri Verneil et Michel Audiard y tournèrent « Cent mille dollars au soleil ». Voici comment, dans ces jardins, vous foulerez les pas de Lino Ventura et de Jean-Paul Belmondo…

Ouvert tous les jours de 9h à 16h30 – Entrée : 10 Dh. 5 Rue Riad Zitoun el Jdid – Médina

 

mme-56-print-1-116L’incontournable : Le Jardin Majorelle

On ne peut évoquer les jardins de Marrakech sans parler de Majorelle. Depuis son ouverture au grand public en 2001 – grâce à Pierre Bergé et Yves Saint Laurent qui le sauvent alors d’un projet immobilier -, des milliers de touristes s’y pressent tous les jours. Arrivé à Marrakech en 1917, Jacques Majorelle, peintre orientaliste et grand amateur de botanique exotique, fait construire une imposante villa de style mauresque, nommé « Bousafsaf » (les peupliers), autour de laquelle il plante des essences rares. Sa recette est simple : acclimater des arbres et des plantes qui ont traversé frontières et océans pour venir éclore dans cet espace unique en son genre. Cette idée originale a fait de Majorelle le collectionneur de plantes le plus passionné de son époque : 1 800 sortes de cactées, de fleurs tropicales, de bananiers, de fougères géantes et 400 variétés de palmiers envahissent l’espace sur quatre hectares. Les murs vibrent d’un bleu cobalt métallique et dur dont l’artiste a peint escaliers, bordures, bancs, pots de fleurs et pergolas ; ce « bleu Majorelle » intense s’impose avec une audace presque violente et met pourtant en scène le jardin d’une manière incomparable. A voir également : le musée berbère. Ouvert en septembre 2011, c’est le premier musée du Maroc exclusivement consacré à l’art berbère.

Ouvert tous les jours, de 8h à 18h. Entrée au jardin : 70 Dh – Entrée au musée : 30 Dh.  Rue Yves Saint Laurent – 05 24 31 30 47

 

Le plus bio : Jardin bio-aromatique d’Ourika

A l’origine de ce beau projet, deux frères : Jalil et Abdelfattah Belkamel. L’un est phyto-aromathérapeute, le second pharmacien. Tous deux partagent la même passion et la même spécialité : les huiles essentielles. Leur jardin, à une trentaine de kilomètres de Marrakech, ils l’ont imaginé tel un espace de rencontres autour de plantes aromatiques et médicinales qui se racontent et qui racontent la région. Perché dans le Haut Atlas à 840 mètres d’altitude, il propose une multitude d’activités pour nous sensibiliser aux intérêts des plantes et de leurs extraits, que ce soit dans le domaine de la beauté, de la santé ou dans l’assiette. Les plus coquettes opteront pour l’atelier beauté berbère – soin du visage et des ongles ou soin des mains et des pieds à base des produits Nectarom ( 200 Dh les 30 mn) – ou pour l’atelier henné (préparation et pose de henné, 70 Dh l’heure et demi) ; les plus gourmandes pour l’atelier pain – préparation à base d’orge mélangé à des graines de nigelle ou à base de blé mélangé à des graines d’anis, suivie d’une dégustation de pain avec différentes huiles locales pressées dans le jardin (60 Dh l’heure d’atelier) ou l’atelier gastronomique (cours de cuisine traditionnelle, 300 Dh les deux heures). Pour les plus paresseuses, une autre option : prendre un bain de pieds, réalisé à partir de sels de bain aromatisés à l’huile essentielle de bigaradier, tout en sirotant une tisane aux huit plantes bio du jardin (80 Dh les 20 mn) !

Visite libre : 20 Dh. Visite guidée : 70 Dh. Ouvert 9h à 17h.

 

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Le plus piquant : Musée de la Palmeraie

Ouvert en 2011, le musée rassemble une grande collection d’art contemporain cherchant à rendre compte de l’évolution de la production artistique au Maroc. Les trois salles d’exposition, aménagées dans d’anciens bâtiments agricoles en pisé, ouvrent sur deux hectares de jardins – jardin sec, jardin andalou et jardin d’eau flanqué de deux kiosques où prendre un thé à l’ombre d’une végétation foisonnante – qui donnent à voir un peu de ce génie de la cité-jardin si particulier à la ville de Marrakech. Les portes monumentales en bois sculpté de la grande salle du Dôme s’ouvrent sur la perspective d’un long bassin aux abords plantés d’orangers et de rosiers parfumés. Notre espace préféré ? Le jardin sec planté d’immenses cactées qui camouflent, au fond, une jolie maisonnette de terre.

Ouvert tous les jours de 9 h à 18 h. Entrée : 40 Dh. Dar Tounsi – Route de Fès, en face de Metro – 06 61 09 53 52

 

Et nos dernières découvertes…

Anima

Il fallait bien un esprit hors du commun pour imaginer un tel jardin… Sur plus de deux hectares, André Heller s’est amusé à mettre en scène cactées et statue de Keith Haring, bambous et assiettes signées Picasso, palmiers et penseur de Rodin… Une oasis de verdure quelque peu surprenante. Lisez notre article sur le Jardin Anima…

Le Jardin secret

Nul ne pourrait imaginer ce qui se cache derrière ce mur de la rue Mouassine, en plein coeur de la médina. Passées les portes, c’est un jardin de plusieurs milliers de mètres carrés que vous découvrirez. Lisez notre article sur le jardin secret…

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