Madame à Marrakech - Dior Cruise 2020
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Dior Cruise 2020

CRUISE 2020 LOOK 5
C’est à Marrakech que Dior a choisi de présenter son défilé Croisière 2020. Dans cette collection, l’Afrique y est sublimée par la réinterprétation du travail du wax. C’est aussi au talent des artisans du Maroc que la directrice artistique a fait appel pour magnifier l’événement. Ou quand l’art, la culture et la création rapprochent les femmes. 
SCENOGRAPHY WELCOME DINNER © RAPHAEL DAUTIGNY (13)
EMPTY SPACE © RAPHAEL DAUTIGNY (12)
Depuis plusieurs mois, la rumeur enflait mais rien ne filtrait. Il se disait que Dior préparait son prochain défilé à Marrakech. Toutes les supputations entendues alors n’étaient à la hauteur de l’événement à venir. En ouverture des festivités : un dîner donné dans l’enceinte du palais de la Bahia, sublime palais du 19e siècle. Pour l’occasion, des créations d’Yves Saint Laurent– premier successeur de Christian Dior à la fin des années 50 – furent exposées dans l’enceinte même du riad principal, entre zelliges, bois peints et sculptés. Parmi elles, Marrakech, un manteau en laine ivoire dessiné pour la maison en 1960. Le dîner, orchestré par le Royal Mansour et le chef aux trois étoiles Yannick Alliéno himself, réunit près de 600 convives dans l’immense cour de réception du palais, habillée de bleu Majorelle et d’une multitude de lanternes pour l’occasion. Côté vaisselle, c’est au céramiste Serghini qu’il a été fait appel pour reproduire de superbes motifs signés Dior. Difficile de faire plus grandiose après… Et pourtant !
En ce soir du 29 avril, le ciel se fait menaçant au dessus du palais Badi. De lourds nuages venus comme en renfort pour donner à l’événement une intensité quasi dramatique.
CRUISE 2020 LOOK 68

C’est en silence que les invités longent les hauts murs en pisésaisissant de beauté. Côté sénographie, Maria Grazia Chiuri, la directrice artistique de Dior, a collaboré avec Sumano, une association qui vise à perpétuer la tradition artisanale des femmes dans le Rif, au nord du Maroc. Parmi ces savoir-faire, le tissage et les teintures végétales comme en témoignent les coussins des banquettes, le long du cat walk. Au coucher du soleil, c’est dans un clair-obscur élaboré qu’apparaissent les silhouettes – 113 au total – sur les rythmes entêtants des percussions, fûtes et ghaïtas des musiciens de Jajouka.
Maria Grazia Chiuri a toujours eu à cœur de nouer des échanges créatifs avec les cultures africaines.

Son souhait à travers cette collection : dialoguer avec le territoire et l’imaginaire du Maroc, point de rencontre entre la Méditerranée, l’Europe et l’Afrique, et destination rêvée des artistes, poètes, écrivains et éternels aventuriers. Pour elle, ce défilé illustre également l’idée d’un terrain d’entente, un « common ground » – comme l’évoque la philosophe féministe Naomi Zack – dans lequel, malgré toutes les différences, les échanges entre femmes peuvent se concrétiser par des réflexions et des actions.

Son inspiration, c’est dans le wax qu’elle la trouve. Il est le tissu de la rencontre des cultures. Maria Grazia Chiuri a son inspiration, c’est dans le wax qu’elle la trouve. Il est le tissu de la rencontre des cultures.

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Maria Grazia Chiuri a ainsi collaboré avec l’usine et le studio d’Uniwax, en Côte d’Ivoire, pour réinterpréter les codes Dior en les intégrant à la trame du tissu, dans une édition spéciale. C’est ainsi que de nouvelles toiles de Jouy, revisitées par le wax, voient le jour, déclinant différents paysages ou réinventant les motifs des tarots. D’autres pièces emblématiques du vestiaire Dior se parent de motifs imaginés par l’artiste afro-américaine Mickaelene Thomas. Le styliste Pathé Ouédraogo, alias Pathé O’, considéré comme l’un des plus grands stylistes africains qui habilla, entre autres Nelson Mandela a accepté de réaliser une chemise exclusive pour la collection.

Les facettes caribéennes de l’Afrique s’expriment dans les broderies et le travail de crochet de la britannique d’origine jamaïcaine Grace Wales Bonner – prix LVMH 2016 – comme dans les chapeaux et turbans de Stephen Jones, chapelier de Dior
Au final : 26 minutes de défilé – ce qui en fait le défilé Croisière le plus long de toute l’histoire de la maison – et la sensation d’avoir vécu un événement exceptionnel. Pour rester dans ce rêve éveillé, Diana Ross donna le coup d’envoi d’une after-party endiablée interprétant, entre autres, « I Will Survive ». Certes, nous avons survécu mais il y a des retours à la réalité plus difficile que d’autres…
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