Madame à Marrakech - Lieux Saints Partagés à Dar El Pacha - Madame à Marrakech
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Lieux Saints Partagés à Dar El Pacha

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Annoncée depuis plusieurs mois, on attendait avec impatience l’ouverture du Musée des Confluences au coeur du palais Dar El Bacha. Mais c’était sans se douter que son exposition inaugurale nous réservait une belle surprise. Produite par le Mucem de Marseille, Lieux Saints Partagés nous invite à nous interroger sur les traditions religieuses qui unissent musulmans, juifs et chrétiens. Le tout dans un cadre exceptionnel.

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Portes de cèdre sculptées, vitraux multicolores, zelliges et stucs ciselés, dédales de couloirs richement ornés… Bienvenue à Dar El Bacha, sans nul doute l’un des plus beaux palais de Marrakech. Résidence de Thami el Glaoui, nommé sultan de Marrakech en 1912 par le Sultan Moulay Youssef, le palais est resté fermé des décennies durant. Confié en 2015 à la Fondation Nationale des Musées (FNM), rénové grâce à de généreux sponsors, il voit enfin ses portes s’ouvrir au grand public.
Pour son exposition inaugurale, la FNM a fait appel au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) de Marseille. Son titre ? Lieux Saints Partagés. Produite par le Mucem, elle a été présentée à Marseille d’avril à août 2015 puis de novembre à février 2017 au Musée national du Bardo, à Tunis.
La question : Un lieu saint peut-il être partagé par plusieurs religions ? À première vue, cela semble impossible dans un univers monothéiste, marqué par la foi exclusive en un dieu unique.
Pourtant la fréquentation des mêmes sanctuaires par des fidèles de religions différentes est chose courante en Méditerranée. Hier comme aujourd’hui, de nombreux croyants – juifs, chrétiens ou musulmans – n’hésitent pas à aller prier dans le lieu saint d’une autre religion pour obtenir une grâce divine. Peu éclatantes et souvent silencieuses, ces circulations interreligieuses représentent une constante derrière le tumulte des croisades et des guerres de religion. Malgré les écarts théologiques, les trois religions possèdent de nombreux éléments communs : croyances, rites, personnages et lieux saints. Ces croisements ne sont toutefois pas exempts d’ambiguïtés et peuvent devenir conflictuels. La Méditerranée offre ainsi plusieurs cas de partage mais aussi de partition et de division.
Autour du sublime jardin de Dar El Pacha – disposé en carrés paysagés plantés d’arbres fruitiers avec en son centre une fontaine de marbre comme le veut la tradition -, on circule de pièces en pièces, chacune richement ornée de zelliges du sol au plafond, de cèdre scuplté – exceptionnelle bibliothèque – et de stucs finement ouvragés. 
L’exposition se décline en huit grandes parties : une introduction avec la présentation de la lumière commune (lampes de mosquée et de synagogue, encensoirs musulmans, juifs et chrétiens) et d’une carte du monde réalisée au 12e siècle par le cartographe Idrissi pour le roi Roger de Sicile. Viennent ensuite Les religions du livre – dans le très beau salon bibliothèque -, Les lieux de culte – avec l’exposition d’un minbar, d’une bimah et de vestiges romains retrouvés à Volubilis -, Lieux saints entre partage et partition – les figures saintes dans les différentes religions, la généalogie commune avec la projection du film « Abraham à Hebron » et la partition juifs et musulmans au Caveau des patriarches -, Marie la chrétienne, Marie la Musulmane – étude des croyances communes entre Marseille et Oran -, A la rencontre des saints – à voir, les films réalisés par l’un des deux commissaires d’exposition, l’anthropologue Manoël Penicaud, sur le pèlerinage des Regragas du côté d’Essaouira -, Maroc, une histoire plurielle – en avant-première, présentation du film d’Abel Mouzi, « Sous le vent de Mogador » – et La protection au quotidien ou comment la religiosité s’inscrit dans le quotidien -.
Une exposition qui vient comme une réponse évidente à l’extrémisme mais également à notre pluralité et à celle du Maroc. Prenez le temps… Vous sortirez de ce lieu enrichi par tant d’histoire(s), dans tous les sens du terme.

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Jusqu’au 19 mars

Musée des Confluences
Palais Dar El Bacha
Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi
Entrée : 60 Dh – 30 Dh pour les Marocains et résidents.
Gratuit le vendredi pour les Marocains et résidents.

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